Ecole de Nice
La vie est plus belle que tout
Dès que l'on présente des peintres d'avant-garde Niçois, le terme d'Ecole de Nice semble s'imposer à tous.
Contrairement à cette appellation, il n'y a pas d'Ecole de Nice à proprement parler, mais un climat de création, un foyer lentement constitué par un long travail de regroupement et de confrontation des artistes, dans des manifestations, des mouvements, ou autour de publications.
Ce sont trois artistes: Yves Klein, Arman et Martial Raysse qui ont lancé l'Ecole de Nice. Il fallait qu'une personnalité serve de catalyseur, ce fut Yves Klein. Sosno en a écrit la première théorie (juin 1961, revue "Sud - Communications").
Ces peintres ont en commun une prise de conscience qui a bouleversé entièrement leur destinée d'artistes. A un moment de leur carrière, ils n'ont plus vu de différences entre la peinture figurative et la peinture abstraite. Après quelques recherches, ils se sont aperçus que l'art: c'est n'importe quoi mais d'une certaine manière ne recherchant qu'une chose: l'intensité de l'expression. Ils se servirent de déchets de fabriques, d'objets neufs à grandes diffusions, de galets, de plaques d'or, de surface peintes d'une manière monochrome, de plaques de verre etc...
Mais ce qui fait leur grande originalité, c'est leur travail et non la provocation. Il n'y a pas chez eux de passion pour les polémiques.
La volonté de l'Ecole de Nice, de laisser aux objets leurs qualités intrinsèques sans les déformer en vue d'une quelconque interprétation, n'est au fond que le respect de la notion d'humilité indispensable à l'artiste, trop facilement emporté par la mégalomanie, ce qui entraîne l'absolue nécessité pour le créateur de ne pas faire de l'art. L'art sera alors complètement supprimé ou, plutôt, il sera partout, car tout le monde verra une sculpture de Martial Raysse dans un rayon de magasin à prix uniques, toutes les ménagères auront des Arman dans leurs poubelles, et les ouvriers des concerts dans leurs usines.
L'Ecole Niçoise a voulue nous apprendre la beauté du quotidien, faire du consommateur un producteur d'art.

En l'an 2000, on en est à la huitième génération depuis 1961.
Liste non limitative et approximative (certains artistes ont quittés le mouvement; d'autres, comme César, l'ont rejoint).
1ère génération : Arman, Klein, Raysse.
puis : Alocco, Ben, Cesar, Chaccalis, Chubac, Gilli, Malaval, Fahri, Sosno, Venet, Pages.
- Isnard, Flexner, Oldenbourg, Dolla, Nives, Charvollen, Moya, Mas, Verdet, Taride, Viallat.
sont passés aussi : Biga, Bizos, Cartier, Martinez, Gette, France, Raysse, Goa, Erebo, Lacheze, Kaviak, Kalam, Maccaferi, Rottier, Mendonça, Miguel, Tréal, Vernassa, Wurz, Dezeuze, etc...
- Mouvement sans maître ni gourou, l'Ecole de Nice se développe pour des cooptations entres artistes (passagères parfois; certains rentrent, d'autres s'en vont). Un climat un peu "situationniste...".
(il y a même une "nouvelle Ecole de Nice" avec : Albertine, Alpi, Bataillard, Braudi, Calassi, Chaix, Champollion, Goignol'ds, Ralau, Le Maliu, Maubert, Moya, Pastorelli, Power Trio, etc...)

Textes :
- Alexandre Sosnowsky, Revue "Sud-Communications". juin et septembre 1961.
- Catalogue des expositions de la galerie Alexandre de la Salle - St Paul (France).
- Robert Pincus-Witten : "l'Ecole de Nice, a missing book". ARTS Magazine, USA janvier 1986.
- Sam Hunter "origins, artists and major events" in "l'Ecole de Nice et ses mouvements". Catalogue publié par le MAMAC, Nice (France) 1989.
- Marcel Alocco "L'Ecole de Nice" 1995.
- Frédéric Altman - Claude Fournet "Chroniques niçoises" 1991.
- Edouard Valdman "Le Roman de l'Ecole de Nice".

Principales Expositions :
- Galerie Alexandre de la Salle, St Paul (France) 1967, 1977, 1987, 1997.
- Galerie Ferrero, Nice (France) 1972.
- Meguro Museum of Art, Tokyo (Japon) 1995.
- Dong Baek Art Center, Pusan (Corée) 1996.
- Ringling Museum (USA) 1989.
- Fondation Sophia Antipolis (France) 1988.
- Bass Museum, Miami (USA) 1990.
- Taïpei Museum (Taiwan) 1990.

- Catalogue raisonné Sosno , Fondemans.sit editions monaco.